Ce matin-là,je m'étais rendu à la librairie Legoff-achat-vente-expertise. Le magasin était situé rue de la Psalette, une petite rue pavée juste derrière la cathédrale.
Le libraire m'avait reçu de façon courtoise. L'entretien avait duré une dizaine de minutes. Il avait parcouru mon CV et avait posé quelques questions sur mes travaux. A la fin il m'avait tendu la main :
«Et bien mon ami, en ce qui me concerne tout est correct. Vous commencez la semaine prochaine!».
Tout s'était déroulé comme dans une pièce bien rodée. Il avait disparu dans l'arrière-boutique, sans un mot, me laissant seul au milieu des rayonnages.
C'est Da Silva qui m'avait refilé l'adresse, peu de temps après mon arrivée.
-
Il cherche un linguiste je crois, ne me demandez pas pourquoi. Et puis
vous pourrez en profiter pour lui montrer...votre truc.
Votre truc... Da Silva avait tout fait pour paraitre détaché mais j'avais
remarqué une légère crispation sur son visage lorsque j'avais sorti de
ma valise le cahier recouvert de cuir rouge avec le titre, gravé en caractères gothiques "Conversations entre gens de bonne compagnie".
dimanche 1 juin 2014
mercredi 14 mai 2014
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Da Silva m'avait cueilli à la sortie de la clinique. Comment avait-il été prévenu, c'est la première question qui m'avait traversé l'esprit. Puis juste après , une autre, plus lancinante, qui était ce type? Bien sûr je l'avais reconnu. C'était Raoul Da Silva. Cet homme m'était familier, son nom , son visage. C'est comme si je l'avais quitté la veille mais j'étais incapable de le relier à une quelconque tranche de vie, à un souvenir précis.
Il m'avait conduit à son appartement. L'endroit donnait l'impression d'être inhabité. Peu de meubles, les murs vierges de tout accrochage. Il s'en était excusé :
- Le décor doit vous sembler un peu austère. Voyez-vous, je ne suis pas un homme d'intérieur.
J'avais souri. C'était le moins qu'on puisse dire. Puis une image m'avait traversé l'esprit, celle de Da Silva levant son verre dans une brasserie dont le nom m'échappait. Tant de choses m'échappaient. Mon hôte avait tenu à me rassurer :
- J'en ai parlé à votre psychiatre. Staboulov est un vieil ami. . Selon lui ces phénomènes sont dus à votre traitement.. Ils devraient s'estomper dans quelques mois. Ce vieux Staboulov est un piètre joueur de poker mais c'est un médecin de grande expérience, vous pouvez lui faire confiance.
- Je ne vous savais pas si proche !
- Angie et moi avons fait affaire autrefois...
Et moi, à qui avais-je affaire?
Il m'avait conduit à son appartement. L'endroit donnait l'impression d'être inhabité. Peu de meubles, les murs vierges de tout accrochage. Il s'en était excusé :
- Le décor doit vous sembler un peu austère. Voyez-vous, je ne suis pas un homme d'intérieur.
J'avais souri. C'était le moins qu'on puisse dire. Puis une image m'avait traversé l'esprit, celle de Da Silva levant son verre dans une brasserie dont le nom m'échappait. Tant de choses m'échappaient. Mon hôte avait tenu à me rassurer :
- J'en ai parlé à votre psychiatre. Staboulov est un vieil ami. . Selon lui ces phénomènes sont dus à votre traitement.. Ils devraient s'estomper dans quelques mois. Ce vieux Staboulov est un piètre joueur de poker mais c'est un médecin de grande expérience, vous pouvez lui faire confiance.
- Je ne vous savais pas si proche !
- Angie et moi avons fait affaire autrefois...
Et moi, à qui avais-je affaire?
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La librairie Legoff était devenu du jour au lendemain un repaire pour tous les amateurs d'altervérité. Mon moteur de recherche y était-i...